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Donner sa vie à Dieu et aux hommes : Mickaël Le Roux

En Finistère, la dernière ordination sacerdotale remonte à 2003. Après six années de séminaire, c'est à la cathédrale Saint-Corentin que Mickaël Le Roux sera à son tour ordonné le dimanche 19 juin. Un événement dans la vie d'un homme et dans celle de tout un diocèse.

Un bureau installé au dernier étage du presbytère de Landerneau, au 11 rue Traverse-des-Boucheries. La fenêtre donne sur l'église Saint-Houardon et son dragon doré servant de girouette. Dans la pièce : des reproductions de tableaux de paysages bretons signés B. Morinay ; une photo de Jean-Paul II entouré des séminaristes de Rennes ; des livres et instruments de travail ; une chaîne Hi-Fi, deux fauteuils, une table basse, et la photo d'une jeune Bigoudène arborant fièrement sa coiffe traditionnelle.
C'est le petit monde d'un jeune homme que rien ne semble différencier des autres si ce n'est une taille plus haute que la moyenne et la voie peu commune qu'il a délibérément choisie d'emprunter : dans un peu plus d'une semaine, Mickaël Le Roux sera ordonné prêtre.

Après quatre années passées entre le séminaire et Landerneau, Mickaël ne sait pas encore où il exercera son ministère l'an prochain. Peut-être dans votre paroisse ? (nota)


La perplexité d'une conseillère d'orientation

Le futur ordonné a 27 ans et s'amuse encore de la tête que fit une conseillère d'orientation à laquelle il avait naturellement déclaré qu'il voulait devenir prêtre : " Comme elle ne connaissait pas trop le parcours à suivre pour exercer un tel " métier ", elle avait finalement convoqué mes parents en leur déclarant qu'elle était " très embêtée ". "
Cela s'était passé à Pont-l'Abbé, à quelques distances de sa paroisse de Loctudy. C'est là que cet aîné d'une famille de trois enfants a vu grandir sa foi, germer sa vocation, sans toujours pouvoir définir à quel moment celle-ci a pu éclore : " Je dois à mes parents de m'avoir donné une éducation chrétienne. Ils ont poussé devant moi la porte de l'Eglise. Si l'idée de devenir prêtre m'est peut-être venue à l'esprit un peu auparavant, je sais qu'une rencontre m'a marqué au moment de préparer ma profession de foi. C'était celle avec l'Abbé Pierre, venu à Quimper pour commenter la projection du film " Hiver 54 ". Quelques mois après, le jour même de ma profession, le désir d'être prêtre était ancré en moi. C'est aussi à cette époque qu'un frère de Saint Gabriel m'a proposé de faire des lectures à la messe et où j'ai commencé à sentir que l'on pouvait avoir besoin de moi, que je pouvais être un acteur de la vie paroissiale. L'année de ma confirmation, après un pèlerinage à Lourdes, on a monté une équipe de jeunes et décidé de s'impliquer dans le MEJ. En ce temps, un autre jeune de Loctudy, Sébastien Guiziou, faisait alors son entrée au séminaire. "
Au lycée à Quimper, Mickaël rencontre régulièrement le responsable du service des vocations, Louis Quémeneur. Mais le temps du bac venu, son idée première s'est quelque peu dissipée. Une année difficile à Rennes et c'est le retour en Finistère où il retrouve l'aumônerie des étudiants en même temps que Louis Quémeneur : " J'ai alors décidé de reprendre le chemin un temps abandonné. Après un BTS électrotechnique, j'entrai au séminaire, en 1999. "

Six ans plus tard

Les années ont passé et Mickaël s'est bien vite retrouvé en paroisse à Landerneau. Un week-end sur deux de la troisième à la quatrième année de séminaire, deux semaines par mois depuis deux ans. Là, il s'est occupé de la préparation à la confirmation, d'une équipe " veilleurs jeunes ", d'aumôneries d'établissements scolaires et de l'accompagnement du MEJ. Xavier est l'un de ces jeunes qu'il a accompagnés au sein du Mouvement eucharistique des jeunes. A près de 20 ans, il sait ce qu'il doit à Mickaël et note la disponibilité absolue dont celui-ci a toujours fait preuve à leur égard. " En plus, il a le sens de l'humour, ne se prend pas au sérieux. On en arrive souvent à oublier qu'il est diacre. "
Diacre, Mickaël l'est pourtant bien, et il sera bientôt prêtre. Une vie qu'il embrasse sans état d'âme : " A quoi ai-je renoncé ? à mon métier d'électrotechnicien ! cela ne m'empêche pas de conserver une caisse à outils dans ma voiture ; renoncer à fonder une famille ? la vie que je m'apprête à mener permet de trouver l'amour autrement parce que la foi dans le Christ ressuscité, vivant, est de nature à combler toute une vie. "

H.B.

Nota : il a été affecté à l'ensemble paroissial de Saint-Pierre, à Brest (NDLR)

Ce témoignage est publié dans Eglise en Finistère