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L'échange franco-allemand de deux lycéens

Danke Deutschland !

Martin et Jacob ne se connaissaient pas il y a un an ! Désireux de découvrir de nouveaux horizons, les deux lycéens se sont portés volontaires afin de participer au programme Voltaire. Martin, le Brestois, est parti vivre quelques mois chez Jacob, Outre-Rhin. À présent, c'est Jacob qui est arrivé à Brest. Récit d'une expérience originale.

Martin Rémy-Néris a 16 ans. Il est en 1ère scientifique au lycée Sainte-Anne de Brest. L'an passé, il a été interpellé par une proposition faite par son professeur d'allemand : "On nous a expliqué que, par le biais du programme Voltaire, il était possible de partir étudier quelques mois en Allemagne. J'ai tout de suite été intéressé."

"Soudainement j'apprenais que je partais à Essen…"
Programmes académiques, cours de langues à tous âges, programmes d'échanges culturels… Aujourd'hui, les étudiants ne comptent plus les opportunités de partir pour l'étranger. Ce programme Voltaire en fait donc partie et s'adresse à des élèves de seconde, en France, et des élèves de "9. et 10. Klasse", en Allemagne. Parce qu'il est basé sur le principe de la réciprocité, ses organisateurs se chargent de trouver une famille d'accueil dans les deux pays. Chaque élève séjourne alors dans une famille d'accueil pendant six mois. Les élèves Voltaire suivent également leurs cours dans l'établissement de leur correspondant. "Il était effectivement important de savoir que Martin allait pouvoir suivre ses cours et assurer son passage en première", précise Isabelle, la mère du jeune homme.

Le grand saut
Qu'est-ce qui a donc poussé Martin à rédiger une lettre de motivation de deux pages pour partir ? "Je projette de faire des études d'ingénieur, explique-t-il. Or je sais que l'Allemagne possède un véritable vivier d'emplois dans les secteurs de l'innovation scientifique et technologique. Je souhaitais donc perfectionner la langue allemande que j'étudiais depuis deux ans."
Ce n'est qu'un mois avant son départ que le jeune homme a appris que sa candidature était retenue : "Ce fut une surprise ! Soudainement j'apprenais que je partais à Essen (ville située dans le land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie) et que j'allais vivre six mois chez Jacob Ross."
Pour le jeune paroissien de Saint-Luc (à Brest), l'arrivée en Allemagne a été un plongeon dans une culture bien différente. Dans ce pays, le Nord et l'Est sont majoritairement protestants. Les catholiques (31,4% de la population) se trouvent avant tout en Rhénanie, au sud du Bade-Wurtemberg et en Bavière, où est né le pape Benoît XVI.
"Je n'arrivais pas totalement en terre inconnue puisque j'ai pu échanger quelques mails avec Jacob. Sa mère parle très bien le français et mon professeur titulaire était une Française !"
Et voilà deux éléments qui n'ont nullement empêché Martin de se mettre à étudier sérieusement la langue de Goethe : "J'ai rapidement pu créer des liens grâce à un voyage scolaire en Autriche. J'ai fait partie d'un groupe de théâtre, commencé des cours de piano, effectué un stage de cinq jours à Dortmund sur un projet de robotique ..."

Martin Rémy-Néris (à gauche) en compagnie de son correspondant allemand Jacob Ross, venu pour six mois à Brest.

"N'hésitez pas !"
Sous le regard acquiesçant de Jacob, tout récemment arrivé à Brest, Martin affirme que l'expérience est formidable et positive. Il garde notamment un excellent souvenir de l'accueil reçu là-bas : "À tel point que je me demandais si Jacob allait être aussi bien accueilli en France !"
Au niveau scolaire, les deux élèves ont aussi constaté des différences : "En Allemagne, les cours se terminent à 14 heures, explique Jacob avec un accent à peine perceptible. En France, non seulement les cours s'interrompent plus tard mais, en plus, les élèves ont des devoirs à faire." "En Allemagne vous avez aussi la possibilité de donner votre avis et de participer à des débats en classe !", ajoute Martin.
"Vraiment, il ne faut pas hésiter à partir ! Et, une fois sur place, il ne faut pas non plus hésiter à parler. On apprend très vite." Six mois dans un pays étranger, ce n'est rien à côté de tout ce que cela apporte : l'autonomie, le sens des responsabilités, l'ouverture d'esprit, la tolérance, la langue et… une belle amitié
!

Marie Bontonnou

Ce témoignage est publié dans Eglise en Finistère