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La crèche aux mille étoiles

Une oeuvre de Jean Pouliquen à Lampaul-Guimiliau

Près de 20 000 personnes viennent visiter chaque année la crèche de Lampaul-Guimiliau. Il faut dire que l'œuvre monumentale est bien de nature à susciter l'admiration. C'est tout un village que son concepteur, Jean Pouliquen, continue patiemment d'agrandir tous les ans. Il était une fois…

Au "guide Michelin" des crèches finistériennes, la crèche de Lampaul-Guimiliau compterait mille étoiles ! Celles du ciel qui s'ouvrirait au-dessus de la toiture en ruine de la maison où la Sainte Famille a pris place, celles de la beauté d'un ensemble de structures que Jean Pouliquen continue de réaliser depuis maintenant onze ans. Jean Pouliquen ! Professeur d'éducation physique et sportive à Lesneven et aujourd'hui créchiste confirmé.
Au mois de décembre, deux week-ends ont été nécessaires pour installer l'ensemble de l'œuvre. "À elle seule, la reproduction de l'église pèse plus de 500 kg et nécessite d'être portée par six ou sept hommes. Je reçois de l'aide pour aménager les quinze structures pendant qu'une équipe de dames va "courir les bois" afin de ramasser près de 500 kg de mousse."
L'installation demeure ensuite une affaire de famille, de la famille Pouliquen : de monsieur, de madame, des trois enfants et de leur grand-mère.

"Trois mille cinq cents à 4000 cailloux et près de 6000 ardoises sont nécessaires à la fabrication de chaque structure." (Jean Pouliquen)


Une simple histoire de petits cailloux ?

"Tout a commencé il y a une trentaine d'années, lorsque je me suis permis de faire une remarque au sujet de la crèche que faisait mon recteur : "Eh bien, maintenant, c'est toi qui seras chargé de la réaliser." Je me suis donc acquitté de ma tâche, utilisant du papier rocher, des journaux… En 1994, j'ai souhaité mieux faire et j'ai commencé à utiliser des pierres, de l'ardoise, du chêne."
Au fil du temps, à raison d'une ou deux structures par an, le professeur a ainsi réalisé des miniatures de maisons du pays, les reproductions de la chapelle Sainte-Anne et de l'église de Lampaul-Guimiliau (avec l'aide de son père)… "Lorsque je me promène, je ramasse toujours des petites pierres que je sélectionne soigneusement. Trois mille cinq cents à 4000 cailloux et près de 6000 ardoises sont nécessaires à la fabrication d'une structure."

Mais, et la crèche ? "J'en avais construit une première dont je n'étais pas satisfait. En l'an 2000, un souvenir d'enfance m'est revenu : celui de ce SDF que mon père avait invité à manger et qu'il avait abrité dans une vieille maison dont le toit s'était effondré. Je tenais ma crèche ! Aujourd'hui, très symboliquement, cette structure est l'une des plus ouvertes de celles que j'ai conçues. Lorsque j'amène ici les enfants du catéchisme, ils ont envie de s'approcher. J'en ai même vu prendre l'Enfant Jésus pour l'embrasser."


Du Pérou à Bethléem !

La qualité du travail de Jean Pouliquen est aujourd'hui reconnue, même si telle n'était pas l'ambition première du créchiste. Pour ce chrétien convaincu et enthousiaste, cette crèche permet surtout à des personnes qui en ont perdu l'habitude d'entrer à nouveau dans une église. Là, ils peuvent admirer le travail fourni et redécouvrir, dans ce cadre magnifique, la véritable magie de Noël. Ils peuvent encore accomplir un geste en faveur d'oeuvres chrétiennes menées au Pérou. Cette nouvelle idée est venue au professeur lorsqu'il est parti "crapahuter" dans ce pays avec son fils. C'était en l'an 2000. Sur l'Altiplano, à 4000 m d'altitude, quelle ne fut pas sa surprise de rencontrer deux religieuses originaires du Finistère ! "Elles s'occupaient des enfants d'un village. Leur rêve était de pouvoir construire un four à pain."
Alors, à son retour, Jean Pouliquen a construit la maquette d'un four à pain qu'il a placée dans sa crèche avec, au-dessus, un tronc permettant de verser une obole. Au bout de deux ans, 20000 francs étaient recueillis. "J'ai reçu en 2002 la photo du nouveau four à pain de ce village péruvien. Mais le plus beau de cette histoire, c'est qu'un jour une personne m'a entendu la raconter et est venue me dire : 'Savez-vous ce que veut dire Bethléem en araméen ? Le village du pain' !"

H.B.

Ce témoignage est publié dans Eglise en Finistère