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Père Hervé Stéphan, Assomptionniste

"Parce que bien des foyers sont éteints, je dirais aux jeunes d'aller se "brûler" ailleurs, là où la foi est vive."

Depuis sa création, en 1845, la congrégation des Augustins de l'Assomption a compté 9 supérieurs généraux. Hervé Stéphan a été le 7eme d'entre eux. L'enfant de Henvic, parce qu'il a un jour décidé de répondre à un appel, a quitté le Finistère et franchi bien des frontières.

Les Assomptionnistes sont connus pour le rôle qu'ils ont joué dans la presse catholique : ce sont eux qui ont créé la Maison de la Bonne Presse (l'ancêtre de Bayard), en 1873, et le journal La Croix, en 1883.
À Paris, Le père Hervé Stéphan exerce les fonctions d'aumônier de la maison mère des religieuses de l'Assomption. Il parle ainsi de sa vie et de celle de ses frères : "Assomptionnistes, nous sommes des religieux vivant en communauté apostolique. Fidèles à notre fondateur, le père d'Alzon, nous nous proposons avant tout de travailler, par amour du Christ, à l'avènement du règne de Dieu en nous et autour de nous."
"Pour que son règne vienne",
les Augustins de l'Assomption sont encore 900 à œuvrer à travers le monde, dans les médias, l'organisation de pèlerinages, l'éducation. Ils sont aussi présents dans les missions et les paroisses.
Les Assomptionnistes et le Finistère ? Un simple regard dans l'annuaire diocésain 2007 nous apprend que 45 Finistériens appartiennent à cette congrégation. Hervé Stéphan est l'un d'entre eux.

Cap à travers le monde

"Je suis né à Henvic en 1925. À dix ans, je voulais être prêtre, pas Assomptionniste." Le regard rieur, le père Stéphan raconte son histoire : de quelle manière une religieuse indiqua à ses parents l'existence d'un école tenue en Anjou par des Assomptionnistes. Une école où il pourrait poursuivre ses études à moindres frais. "Mes parents étaient agriculteurs et avaient 11 enfants. Il fallait faire attention aux dépenses. Au petit séminaire, j'ai découvert la vie religieuse." Ce style de vie lui plait et sa vocation s'épanouit : le Léonard entre au noviciat en 1944 et est ordonné prêtre en 1951. Une licence de mathématiques en poche, il enseigne 15 années à Toulouse.

De Henvic à Rome, de tous les continents à la Roumanie... "J'ai maintenant 82 ans."

"En 1968, mes supérieurs m'ont demandé d'intégrer l'équipe de direction de Bayard, puis, en 1975, j'ai été nommé supérieur général." "Installé à la maison généralice, à Rome, j'ai cherché à maintenir l'unité de la congrégation, à faire en sorte qu'elle reste fidèle à son esprit. La tâche n'a pas toujours été simple : nombre de religieux ont quitté l'habit dans les années 70. Les vocations ont continué à diminuer en Europe de l'Ouest mais se sont développées dans le même temps en Afrique et en Asie. Durant toutes ces années (de 1975 à 1987), j'ai beaucoup voyagé. Ensuite, j'ai passé 8 ans en Roumanie, avant de rejoindre une communauté parisienne. Cette communauté est toujours la mienne, même si j'exerce depuis un an et demi une fonction d'aumônier. J'ai maintenant 82 ans !"

"Il faudra qu'il avance"

Et la Bretagne ? Toute la famille du père Stéphan y est installée. "Je suis toujours heureux d'y revenir. L'an dernier, l'un de mes frères est mort. Il aura vécu toute sa vie à Henvic", commente le religieux, le regard songeur. De son côté, sa vocation l'aura conduit loin de Bretagne, à travers les continents. "J'ai eu la grâce de connaître l'Église dans sa diversité. Mais en plusieurs lieux du monde, j'ai parfois eu l'impression de retrouver l'Église de mon enfance. Je suis né dans un pays où l'on priait en famille. Il y avait là tout un contexte favorable à l'éclosion des vocations (l'un de ses frères est Picpucien). Aujourd'hui, la Bretagne n'a peut-être pas perdu sa foi, tout au moins la culture de la foi. À un jeune qui voudrait s'engager dans la vie religieuse, je conseillerais d'aller voir parfois ce qui se passe en dehors de sa paroisse, de partir à la recherche d'une communauté... lors d'un pèlerinage, de JMJ. Parce que bien des foyers sont éteints, je lui dirais d'aller se "brûler" ailleurs, là où la foi est vive. À partir de là, peut-être décidera-t-il de poursuivre sa route. Sans crainte, il faudra alors qu'il avance !"

H.B.

Ce témoignage est publié dans Eglise en Finistère