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Service diocésain de la pastorale du tourisme et des loisirs

Ce service ne connaît pas le mot "farniente"

À la veille de l'été, les ensembles paroissiaux du littoral s'apprêtent à accueillir un nouveau flot de vacanciers. Trois millions six cent mille ! C'est le nombre de visiteurs que reçoit chaque année le Finistère. Dans le diocèse, le service de la pastorale du tourisme et des loisirs est un service aux activités relativement peu connues. Noël Le Quéré en est le délégué diocésain. Rencontre.

Église en Finistère : Un service diocésain du tourisme et des loisirs ! De prime abord, cela peut paraître étonnant, non ?

Noël Le Quéré : Laissez-moi vous donner quelques chiffres. Les activités liées au tourisme représentent 5 % des emplois en Finistère. Notre département se situe parmi les sept départements les plus visités de France. Il accueille chaque année 3,6 millions de touristes (3 millions de Français et 600 000 étrangers)…
Une fois ces chiffres en mains, il n'y aurait qu'une chose d'étonnante, c'est qu'il n'existe pas de service de la pastorale du tourisme dans notre diocèse. Notre Église s'intéresse aux réalités touristiques de ce département.
Le Finistère se situe au 6e ou 7e rang des départements français les plus visités. Pour les chrétiens, l'accueil de ces visiteurs, touristes ou travailleurs saisonniers, constitue un véritable enjeu.

É. F. : De quelle manière prend-elle en compte ces réalités ?
N. L.Q. : Elle assure tout d'abord un accueil des visiteurs chrétiens dans les paroisses. Depuis des années, les ensembles paroissiaux du littoral sont habitués à gérer les flux d'estivants. Ils les informent sur les horaires des messes, sur les dates des pardons, sur les activités qui peuvent leur être proposées sur place ou dans le reste du diocèse.
Certaines paroisses font preuve d'initiatives originales : livre d'or laissé dans l'église à la disposition des visiteurs ; quelques mots adressés en anglais ou en allemand lors des célébrations dominicales…
Il faut aussi noter que dans 21 églises et chapelles du département, chrétiens et non chrétiens sont accueillis par les guides bénévoles de l'association de Sauvegarde du patrimoine religieux en vie (la Sprev). L'an dernier, plus de 30 000 visites personnalisées ont été ainsi réalisées sur les différents sites où ces guides étaient présents.
Des communautés religieuses, des services et mouvements d'Église proposent également de nombreuses activités aux estivants, afin de les enrichir d'un point de vue spirituel ou culturel : haltes spirituelles, visites, conférences, expositions.

É. F. : Ces activités ne sont pas directement proposées par le service diocésain Tourisme et loisirs. Quel est le rôle exact de ce service ?
N. L.Q. : Il est vrai que, même s'il est très lié à la Sprev, le service Tourisme et loisirs ne propose pas directement d'activités aux visiteurs. Il est davantage de son ressort de répondre aux demandes des ensembles paroissiaux concernant la préparation de la saison touristique.
Son rôle consiste surtout à coordonner les différentes activités diocésaines liées au tourisme et au patrimoine. Ce n'est pas un hasard si notre comité diocésain du tourisme, le Coditour, rassemble plusieurs fois dans l'année douze personnes impliquées dans divers secteurs d'activités : des professionnels du tourisme (hôtellerie, office du tourisme, gîtes ruraux), un maître de conférence de l'université de Bretagne Occidentale, un vicaire général, le curé doyen de la presqu'île de Crozon, la déléguée diocésaine du service de communication, la directrice des pèlerinages, le coordinateur de la pastorale des sanctuaires et le délégué diocésain à la commission d'art sacré.
Les réunions du Coditour permettent à ses membres de s'informer mutuellement de leurs activités et de mener ensemble une réflexion plus large. Cette réflexion se mène aussi sur le plan régional ou national.

É. F. : Sur quels sujets porte cette réflexion ?
N. L.Q. : Les sujets ne manquent pas : "De quelle manière répondre toujours davantage à l'attente spirituelle des touristes et des professionnels du tourisme ? Comment favoriser l'accès de tous aux vacances et aux loisirs ?...
Depuis quelques mois, nous préparons au niveau de la province un colloque qui se déroulera à Rennes en novembre. Son thème portera sur l'utilisation des édifices religieux ("De l'accueil en église à l'Église en accueil").

É. F. : Votre service est-il suffisamment connu pour que le fruit de sa réflexion puisse être vraiment diffusé ?
N. L.Q. : "Se faire connaître", c'est là un point sur lequel il nous faut encore travailler, notamment au niveau des instances départementales. Nous nous y efforçons. Le 13 mai, je me suis par exemple rendu avec un autre membre du Coditour au 4e "rendez-vous participatif" organisé par le comité départemental du tourisme. Au cours de cette réunion, portant sur les enjeux du tourisme, je suis intervenu et me suis présenté en tant que délégué de la pastorale du tourisme. Se faire connaître est un travail de longue haleine.
Au niveau du diocèse, je pense que les prêtres responsables des ensembles paroissiaux savent qu'ils peuvent faire appel à nous. Dans l'idéal, il serait pourtant souhaitable que nous organisions des réunions avant l'été, afin que les chrétiens impliqués dans notre domaine nous disent ce qu'ils souhaiteraient que notre service leur apporte. Ces réunions seraient aussi l'occasion, tous ensemble, de partager et mettre en commun le fruit de nos expériences respectives.

Noël Le Quéré en quelques mots

Noël Le Quéré a 75 ans. Originaire de Pont-l'Abbé, il a effectué une grande partie de sa carrière professionnelle en tant que visiteur médical. "En 1987, j'ai rejoint ma femme au sein de notre affaire familiale, un hôtel et un terrain de camping situés dans la commune de L'Île-Tudy."

"Le service Tourisme et loisirs tient un rôle de coordination mais aussi de réflexion."

Depuis cette époque, Noël Le Quéré a exercé de nombreuses responsabilités dans le monde du tourisme : "J'ai notamment été président départemental de l'UMIH (Union des métiers et industries de l'hôtellerie)."
"En 2002, lors d'une croisière sur les pas de saint Paul, j'ai fait la connaissance du père Olivier Morand. Il était alors délégué des évêques pour la pastorale du tourisme et des loisirs. Par la suite, il m'a demandé de faire partie du conseil national de cette pastorale. C'est en 2007 que Mgr Guillon m'a nommé délégué diocésain du service de la pastorale du tourisme et des loisirs."

Propos recueillis par Hervé Bodin

Ce "coup de projecteur" est publié dans Eglise en Finistère