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Ensemble paroissial Notre-Dame-du-Relec

"Nous n'aurons plus de curé résidant"

Non loin du clocher de Pleyber-Christ, apparaît une plaque : "Place Jean Feutren, recteur de 1977 à 1987." Dans l'ensemble paroissial Notre-Dame-du-Relec, le temps des anciens recteurs semble pourtant bien révolu. À la fin du mois de septembre, l'ensemble n'aura plus de curé résidant. Les prêtres du doyenné de Morlaix et les laïcs de l'équipe pastorale s'organisent.

Au début du mois d'octobre, le presbytère du 27 rue Brassens, à Pleyber-Christ, sera rendu à son propriétaire : la municipalité. Son actuel locataire, Yvon Le Grand, âgé de 75 ans, quittera les lieux après dix années passées dans l'ensemble paroissial Notre-Dame-du-Relec (cet ensemble de près de cinq mille habitants comprend les paroisses de Pleyber-Christ, du Cloître-Saint-Thégonnec et de Plounéour-Ménez). Sur place, il ne sera pas remplacé.

Le dernier curé résidant à Pleyber-Christ quittera les lieux à la fin du mois de septembre. Sur place, il ne sera pas remplacé.

Pour le vicaire général Yves Cam, responsable de l'archidiaconé de Morlaix, cela était inéluctable : "L'an dernier, six ensembles paroissiaux du diocèse n'avaient plus de curé résidant. Ils seront douze à la rentrée 2007, dont deux dans le doyenné de Morlaix. Et il faut bien se le dire : leur nombre ne cessera de croître dans les années à venir. À nous de trouver de nouvelles solutions pour que l'Église puisse continuer à assurer partout sa mission."

À Morlaix, le curé doyen, Christian Bernard, partage le point de vue du vicaire général : "Avec Yves Cam, nous savions depuis des mois qu'il serait difficile de trouver un successeur à Yvon Le Grand, comme il serait difficile de remplacer les prêtres arrivant à la retraite dans l'ensemble paroissial Trégor-Sud. Les choses se sont peu à peu précisées. Demeurant à Morlaix, je suis désormais curé de la paroisse nouvelle Notre-Dame-du-Mur (Morlaix) et des ensembles paroissiaux Trégor-Sud et Notre-Dame-du-Relec. Depuis le mois de mars, nous avons réfléchi avec l'ensemble des acteurs du doyenné à la manière dont nous continuerons à assumer au mieux notre mission d'annonce de l'Évangile, car là est notre principal objectif. Ensuite, sans être secondaires, les questions d'organisation ne sont finalement que secondes."

"Cette situation a fait que chaque ensemble paroissial s'est senti solidaire des autres. Nous avons alors commencé à raisonner en termes de doyenné." (Christian Bernard, curé doyen de Morlaix...)

Avec un peu de fatalisme

"Personnellement, je craignais un peu la manière dont les équipes pastorales réagiraient à l'annonce de ces changements, continue Christian Bernard. Je me demandais : 'Comment faire pour que les habitants des ensembles paroissiaux ne se sentent pas orphelins, orphelins d'un prêtre ?' Nous disons tous que 'l'Église, c'est la proximité'. De fait, cette proximité ne sera plus symbolisée par la présence d'un curé, mais par celle de laïcs responsables."

Très vite, au mois de mars, le doyen et le vicaire général organisent une réunion avec les prêtres et des délégués des équipes pastorales du doyenné. "La situation a été clairement exposée. Deux ensembles paroissiaux sans curé résidant, cela a tout de même eu l'effet d'un coup de massue. Mais tout le monde s'est très vite repris." Un nouveau rendez-vous est pris pour le mois d'avril, avec, cette fois, l'ensemble des prêtres et des membres des équipes pastorales. "C'est là un des effets bénéfiques de cette situation : chaque ensemble paroissial s'est senti solidaire des autres. Nous avons alors commencé à raisonner en termes de doyenné."

Robert Wczesniak est l'un des trois membres de la toute nouvelle équipe pastorale de Notre-Dame-du-Relec : "Pour ma part, je n'ai pas été étonné de l'annonce qui nous a été faite au mois de mars. Notre recteur nous avait mis au courant depuis deux ans qu'il risquait fort de partir sans être remplacé." Joint par téléphone, Yvon Le Grand précise : "C'est vrai, j'ai essayé depuis deux ans de préparer les esprits. Yves Cam est venu faire l'annonce officielle de mon départ le jour des premières communions. Aux personnes présentes, il a tenu des propos rassurants. Les paroissiens ont bien accepté cette annonce. Il y avait malgré tout un peu de fatalisme dans l'air : dans une paroisse limitrophe, à Saint-Thégonnec, appartenant à un ensemble paroissial du doyenné de Landivisiau, la même situation a été vécue les années passées. De mon côté, j'ai essayé de préparer au mieux mon départ."

S'occuper de l'avenir, à bras le corps

Cadre infirmière à la retraite, Isabelle Vallas parle sans détour : "On nous a demandé de retrousser nos manches, c'est ce que nous avons fait. Je viens d'intégrer l'équipe pastorale de Notre-Dame-du-Relec. Je serai plus spécialement chargée de la liturgie, Robert de la catéchèse, Lucien Lavanant de la comptabilité. Notre curé doyen et les prêtres du doyenné viendront à tour de rôle célébrer les offices. Nous avons soumis au doyenné un calendrier de messes (allégé par rapport à ce qu'il était auparavant), tout en sachant qu'il sera étudié en même temps que les calendriers de tous autres ensembles paroissiaux et de la paroisse nouvelle du doyenné. Il en sera d'ailleurs de même pour les mariages et les baptêmes."

"Notre seule crainte, c'est d'être un peu trop accaparés..." Isabelle Vallas et Robert Wczesniak, deux membres de la nouvelle équipe pastorale de Notre-Dame-du-Relec.

"En ce qui nous concerne, notre recteur a bien préparé le terrain, reprend l'ancien gendarme Robert Wczesniak : voici deux ans, il a par exemple formé une équipe de guides des funérailles dont Isabelle et moi faisons partie. Il existe ici un solide groupe de laïcs qui ne demande cependant qu'à s'étoffer encore davantage afin de toujours mieux répondre aux diverses missions de l'Église. Il nous incombe aussi de mettre les gens en capacité de prendre des responsabilités. Nous essaierons de jouer un rôle de proximité. De ce côté, je pense que les paroissiens s'habitueront très vite à nous, comme ils l'ont aisément fait lorsque nous avons commencé nos fonctions de guide des funérailles. Notre seule crainte, c'est d'être un peu trop accaparés... même si nous savons pouvoir compter sur les prêtres de Morlaix pour nous accompagner." "Oui, reprend Isabelle, quoi qu'on en dise, nous ne pourrons jamais remplacer un prêtre, avoir sa disponibilité, mais c'est certain : nous ferons tout pour être à la hauteur."

H.B.

Ce "coup de projecteur" est publié dans Eglise en Finistère