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Toute la politique d'un diocèse !

Alors que le livret des formations de l'année 2007 – 2008 est paru cet été, Jean-Michel Moysan répond à toutes les questions d'Église en Finistère sur la politique du diocèse en matière de formation. Forces, défauts, originalités, l'ancien délégué diocésain à la formation permanente répond sans détours.

Église en Finistère : Au mois de juillet est paru un livret des formations regroupant toutes les propositions du diocèse pour l'année à venir. Que trouve-t-on exactement dans ce livret ?

Jean-Michel Moysan : En quarante pages, il est possible au lecteur de compulser tout ce qui se fait au niveau diocésain en matière de formation et de choisir ce qui est à même de l'intéresser en fonction de son âge, de ses aspirations ou de son implication en Église.
Ce livret est exhaustif en ce qui concerne les propositions à caractère diocésain. Il ne comprend cependant pas toutes les propositions locales faites par les ensembles paroissiaux ou les doyennés, toutes les formations spécifiques à chaque mouvement ou service, ni les retraites spirituelles.

formation"J'aime cette phrase de saint Augustin : 'Si elle n'est pas pensée, la foi n'est rien.'" (Jean-Michel Moysan)

É. F. : Comment un tel programme peut-il être concocté ? Existe-t-il dans le diocèse une véritable politique de formation ?

J.-M. M. : Une telle politique existe. Elle est mise en place par le Conseil d'orientation de la formation (le "Cof", créé en l'an 2000, suite aux Assises de la formation). Ce conseil est présidé par un vicaire général et composé de représentants du territorial, des services et mouvements et des services de formations majeurs (formation permanente, catéchèse, liturgie...). Son rôle est de déterminer les besoins et de trouver les moyens d'y répondre.
Trois grands axes sont développés dans notre diocèse.
Le premier vise à former toutes les personnes exerçant des responsabilités en Église. Il existe pour cela l'Institut diocésain de formation de responsables laïcs, dont nous avons fêté les 20 ans cette année et qui a formé plus de 420 responsables depuis sa création. De son côté, la formation des membres des équipes pastorales est un peu en sommeil et nous nous posons actuellement la question d'une formation destinée aux coordinateurs des équipes pastorales des ensembles paroissiaux. Dans le même registre, le service de formation permanente organise des sessions pour les accueillants en paroisse.
Le deuxième axe est celui de la formation à l'intelligence de la foi. Il comprend une partie biblique. De 60 à 80 groupes bibliques existent dans notre diocèse ! Il comprend également un volet théologique, avec notamment le Parcours fondamental de théologie. Fondé en 1993, ce parcours attire environ 70 personnes chaque année.
Le dernier axe est celui des propositions locales de formation avec, par exemple, l'organisation de soirées à thème sur des questions humaines ou morales, ouvertes à tous.

É. F. : Nombre de propositions de formation mentionnées dans ce livret sont ouvertes à tous, y compris aux non-croyants ! Cela donne-t-il une "couleur" spécifique au diocèse de Quimper et Léon ?

J.-M. M. : Il est vrai que plusieurs cycles de formation proposés sont ouverts au plus grand nombre. Si notre but principal demeure de former les chrétiens, il n'est pas forcément nécessaire d'être un croyant convaincu pour venir aux conférences sur le patrimoine religieux, ou à celles données par le Centre Missionnaire de Saint-Jacques, ni même pour s'inscrire au Parcours fondamental de théologie. Des jeunes de tous horizons peuvent également suivre durant un an les cycles "Chemins d'humanité, chemins de foi" ou "Chercheurs de Dieu"...
Est-il à présent possible de déterminer une orientation ou une couleur particulière à notre diocèse ? Voici quelques-uns de ses traits particuliers, même si certains d'entre eux peuvent également se retrouver dans d'autres diocèses.
Une volonté d'ouverture au monde est nettement affichée par les formateurs, de même qu'un désir de trouver de nouveaux langages. Notons également le souci d'apporter au plus grand nombre les bases de la foi chrétienne (bases que beaucoup n'ont plus en venant) plus que de faire une théologie "critique". Ajoutons également ce désir de plonger l'enseignement donné dans sa visée spirituelle pour "aider à vivre", plus que d'élaborer un "beau système". Terminons en disant que le groupe de formation aujourd'hui est lui-même lieu d'initiation théologique, par l'amitié entre les personnes, les débats et confrontations, et l'expérience liturgique proposée dans certaines formations.
On peut dire que notre diocèse fait beaucoup pour la formation des laïcs, afin que tous puissent nourrir leur recherche de Dieu, trouver des réponses à leurs questions et trouver leur place dans l'Église.

É. F. : Vous avez vous-même été à la tête du service de formation permanente de 1999 à 2007. Avez-vous perçu une évolution au cours de ces huit dernières années ?

J.-M. M. : Nous avons connu plusieurs nouveaux types de demandes depuis 4 ou 5 ans. Une demande de formation technique est venue : initiation à l'informatique, à l'animation de réunion et à la diffusion de l'information...
S'est également fait jour un besoin d'un autre type : au niveau territorial, des adultes de plus en plus nombreux sont curieux de la foi, mais manquent de connaissances pour y accéder un minimum. Il y a là tout un travail de catéchèse pour adultes qui demandera à être développé dans les années à venir. Ceci est une urgence.
Ah ! Une dernière évolution : cette demande croissante de formation à la vie spirituelle. Le service pour l'animation spirituelle y répond. Il a élaboré un parcours destiné aux acteurs pastoraux, ayant pour but de les aider à structurer leur vie intérieure.

É. F. : Le diocèse propose donc beaucoup de formations... trop, aux dires de certains !

J.-M. M. : Comparé à d'autres diocèses, le nombre de nos formations est en effet important. Lorsque diverses sessions ou conférences tombent le même jour, cela provoque parfois l'agacement. Néanmoins, je plaide pour ma part en faveur de la richesse et de la diversité.  Lorsque deux propositions se déroulant le même jour attirent beaucoup de monde, je trouve que cela est plutôt un signe de vitalité.
Pour éviter que trop de dates se chevauchent, un calendrier diocésain et une concertation entre services ont été mis en place. Mais il convient aussi de faire attention à l'excès, car le vivier de gens mobilisables n'est pas extensible à l'infini.
Toutefois, notre volonté restera toujours de former au mieux les chrétiens.

formation"Nous veillons à former des chrétiens qui puissent exercer des responsabilités en Église."

É. F. : "Former les chrétiens" ! C'est à dire ?

J.-M. M. : Former les chrétiens, c'est leur permettre de mieux se situer dans un monde où il n'est pas aisé de se dire croyant et d'être plus à l'aise dans leur tâches d'Église, quand ils en ont. Être formé leur permet de mieux vivre leur foi, de mieux l'exprimer, de mieux témoigner.
J'aime cette phrase de saint Augustin : "Si elle n'est pas pensée, la foi n'est rien."


Propos recueillis par Hervé Bodin


Côté pratique
Le livret de formation de l'année 2007 – 2008 est disponible auprès du secrétariat du Service de formation permanente, 41 bd de Kerguelen, 29000 Quimper (Tél. 02 98 64 58 83).

Ce "coup de projecteur" est publié dans Eglise en Finistère