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Les homélies de Michel Scouarnec
Prêtre du diocèse de Quimper et Léon.
Homélies diffusées le dimanche à 8h10 sur RCF Rivages dans l'émission "Aux couleurs du dimanche"
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Voir ces homélies sur le site du diocèse |
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| 1 janvier 2012 |
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 Depuis quelque temps, les homélies de Michel Scouarnec étaient publiées simultanément sur ce site et sur celui du diocèse de Quimper et Léon. Dorénavant, elles sont publiées exclusivement sur ce dernier. Nous vous invitons donc à enregistrer dans vos favoris ou marque-pages ce lien direct vers la page d'accueil des homélies de Michel Scouarnec : http://catholique-quimper.cef.fr/homelies-de-michel-scouarnec.html Merci pour votre fidélité !
Les homélies publiées jusqu'à la fête de Noël 2011 restent accessibles sur Breiziroise (2009, 2010 et 2011).
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Fête de Noël |
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| 25 décembre 2011 |
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Evangile selon saint Jean Jn 1, 1-18 |
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Il y a plusieurs portes d’entrée dans le mystère de Noël. Saint Paul se contente de dire que la naissance de Jésus d’une femme (Ga 4,4) a été une manifestation de la bonté et de la tendresse de Dieu pour les hommes (Tite, 3,4). Jean explore et de contemple le fait que Dieu soit venu habiter comme un homme parmi les hommes, tandis que Luc s’émerveille et s’étonne de la manière qu’il a choisie pour manifester sa venue et sa présence. Dans son évangile, Dieu se révèle aux hommes comme sauveur, non pas comme un magicien tout puissant qui viendrait régler tous leurs problèmes. Non pas comme un scientifique ou un philosophe avec un arsenal de preuves et de démonstrations pour les convaincre, les forcer à croire, non pas comme un publicitaire utilisant tous les artifices pour les séduire... Il se manifeste comme un petit enfant dont la naissance se passe dans des conditions obscures, humbles et fragiles.
Or, pendant qu'ils étaient là, arrivèrent les jours où Marie devait enfanter. Et elle mit au monde son fils premier-né ; elle l'emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n'y avait pas de place pour eux dans la salle commune. Dans les environs se trouvaient des bergers qui passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux. L'ange du Seigneur s'approcha, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. Ils furent saisis d'une grande crainte, mais l'ange leur dit : « Ne craignez pas, car voici que je viens vous annoncer une bonne nouvelle, une grande joie pour tout le peuple : Aujourd'hui vous est né un Sauveur, dans la ville de David. Il est le Messie, le Seigneur. Et voilà le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. »
Sous des allures de conte pittoresque ce récit de saint Luc, ainsi que d’ailleurs les autres récits de l’enfance du Christ, est porteur d’un sens théologique important. Il annonce tous les autres récits de son Evangile. A quel signe reconnaître Jésus comme Sauveur, Seigneur et Messie ? Où le trouver ? L’ange le dit aux bergers et nous le redit encore aujourd’hui : « Vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. »
Vous trouverez un nouveau-né
Le plus beau cadeau qui soit. Un cadeau sans prix. Un cadeau fragile aussi, qui demande soin et affection... Un cadeau qui réveille en ceux qui le reçoivent, le meilleur d'eux-mêmes. Lorsque naît un enfant, ses parents renaissent en même temps que lui. Cet enfant les fait naître à une page nouvelle de leur vie. Il les invite à puiser en eux-mêmes ce qu'ils ont de meilleur : la capacité de se donner, de s'oublier, de se soucier. Cet enfant est pour eux un cadeau vivant qui les fait vivre. Il les sauve de la routine et du repli, les fait grandir en humanité. Cela est vrai aussi sur le plan de la foi, quand nous fêtons Noël. La fête de la naissance de Jésus suscite en notre cœur et dans le cœur des hommes de bonne volonté une renaissance de Dieu. Il vient réveiller en chacun ce qu’il porte en lui de meilleur : le désir de générosité, de paix, l’espérance et la confiance en la vie. La fête de la naissance de Jésus nouveau-né nous rajeunit le cœur. Dieu a pris les chemins de l’abaissement et de la fragilité pour venir à nous : Il nous révèle ainsi la surabondance de sa puissance d’aimer.
Vous trouverez un nouveau-né emmailloté
En Jésus, Dieu nous arrive, comme un nouveau-né emmailloté. Comme s’il avait besoin de nous pour le protéger et aussi le libérer de ses liens. Il attend tout de nous : lait, chaleur, tendresse, attention. Il attend de ses parents qu’ils lui apprennent tout de l’humanité : à se tenir debout, à marcher, à parler, à travailler, à affronter la souffrance et les contradictions, à connaître l’amitié, l’amour. Curieuse manière pour Dieu de se révéler comme le sauveur. Il nous sauve, en nous invitant à le sauver. Chrétiens de ce vingt et unième siècle, que ferons-nous pour sauver Dieu de tout ce qui le défigure, que ferons-nous pour dénouer les liens des dogmes et des lois dans lesquels nous ne cessons de le ligoter et de l’emprisonner, et pour lui rendre la liberté d’aimer l’humanité à sa manière et non à la nôtre ?
Vous trouverez un nouveau-né dans un abri pour des animaux
Dès sa naissance au milieu des hommes, pas de place pour Dieu dans les salles communes. Il naît dehors, comme un marginal. En marge des opinions communes, des idéologies communes, qu’elles soient religieuses ou non, hors des convictions communes de ceux qui pensent avoir raison contre les autres, hors de l’univers de tous les marchés communs. Il naît dehors, en plein vent, en plein air, en pleine nuit. Il s’identifie à tous ceux et celles qui ne trouvent pas de place dans les systèmes et les principes, ou qui sont contraints de vivre sans maison, sans travail, sans reconnaissance sociale.
Vous trouverez un nouveau né dans une mangeoire
Le berceau du Fils de Dieu est une mangeoire. C'était une mangeoire d'argile, dit la Tradition et saint Jérôme (4è s.) dans une homélie de Noël déplorait qu'à Bethléem on l'ait remplacée par une mangeoire d'argent : "Elle m'est autrement précieuse celle qui a été enlevée, dit-il ; je ne condamne pas ceux qui ont agi de la sorte pour rendre hommage, mais j'admire le Seigneur, le créateur du monde, qui n'a pas voulu naître dans l'or ou l'argent mais dans l'argile". Jésus nouveau-né est déposé dans une mangeoire, comme du pain dans une corbeille sur la table de l’humanité. Annonciatrice de cette table où il dira en offrant le pain à ses amis : ceci est mon corps pour vous, prenez et mangez. Annonciatrice aussi du partage du pain avec les foules à qui il proclamera : je suis le pain vivant descendu ciel. Il vient en effet, nourrir l’humanité de sa parole, de sa personne, de sa vie divine, à Bethléem, maison du pain.
Saint Jean ne propose pas comme saint Luc un récit de la naissance de Jésus. Dans son évangile il ne cesse de méditer et de contempler le contenu du mystère de l’incarnation.
Au commencement était le Verbe, la Parole de Dieu, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement auprès de Dieu. Par lui, tout s'est fait, et rien de ce qui s'est fait ne s'est fait sans lui. En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes ; la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont pas arrêtée. […] Le Verbe était la vraie Lumière, qui éclaire tout homme en venant dans le monde. Il était dans le monde, lui par qui le monde s'était fait, mais le monde ne l'a pas reconnu. Il est venu chez les siens, et les siens ne l'ont pas reçu. Mais tous ceux qui l'ont reçu, ceux qui croient en son nom, il leur a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu. Ils ne sont pas nés de la chair et du sang, ni d'une volonté charnelle, ni d'une volonté d'homme: ils sont nés de Dieu. Et le Verbe s'est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité.
Emmanuel, Dieu-avec-nous, Dieu au milieu de nous, Dieu qui établit sa demeure parmi nous, en nous. Jean contemple au long de son Evangile cette présence réelle, charnelle de Dieu. Elle s’est manifestée de trois manières, dit-il. Tout d’abord, « Il était dans le monde, lui par qui le monde s'était fait ». Mais le monde ne l’a pas reconnu. Puis, il est venu chez les siens, il a fait alliance avec son peuple, mais celui-ci ne l’a pas reçu. Il l’a rejeté. Et enfin, en Jésus sa Parole vivante, il a pris chair. Ainsi, ni le ténébreux aveuglement des hommes devant le monde créé, ni le rejet des siens par rapport à l’Alliance, n’ont arrêté la lumière de son amour. Il a tellement aimé le monde, qu’il s’est fait chair, épousant en Jésus la fragilité, la précarité de la condition humaine. Celui qui n'avait pas connu le péché, « Il est allé jusqu’à le faire péché (le mot est quasiment synonyme de chair) pour nous, afin qu'en lui nous devenions justice de Dieu », écrira saint Paul (2 Co 5,21). Je vous propose une belle page de Karl Rahner pour prolonger notre réflexion. « Dieu n'avait pas besoin, dans ce drame infini qu'est l'histoire du monde, dans cet incessant dialogue, de dire son dernier mot, son mot définitif. Il aurait pu trouver toujours mille façons nouvelles et surprenantes de répondre à ce que, par-delà l'abîme du néant, l'humanité fait monter vers lui de cris de louanges ou de reproches. Mais en réalité, il en est allé tout autrement. Dieu a énoncé sa parole dernière, définitive, qui embrasse tout et ne peut plus être rapportée. Il a énoncé cette parole en insérant au milieu de ce monde sa propre Parole éternelle, cette Parole qui l'exprime lui-même tout entier. Ainsi lui-même est devenu, dans la chair de cette humanité, un élément même de ce monde. Dieu a créé ainsi une réalité définitive qui ne peut plus être rapportée. Maintenant, le monde lui-même a été définitivement entraîné dans la miséricorde éternelle et n'a plus qu'un but qui le dépasse infiniment et qui pourtant est bien son but : Dieu en personne. Lorsque nous entendons l’expression "et le Verbe s'est fait chair", il nous est dit : ce n'est pas le jugement qui est le dernier mot de Dieu, mais c'est sa miséricorde ; ce n'est pas sa distance infinie, mais sa proximité indescriptible ; ce n'est pas sa sainteté dévorante, mais son amour inexprimable, par lequel il se donne lui-même à ce qui n'est pas Dieu. Or si le Verbe s'est fait chair, c'est parce qu'une femme de notre race a ployé le genou devant le message de l'ange, et que, dans la liberté de son cœur, dans l'abandon total et sans réserve de son être, elle a dit : "qu'il me soit fait selon ta parole." Dieu a voulu ce libre amour de sa créature comme le porche par lequel le Verbe éternel du Père est entré dans le monde pour introduire à jamais ce monde dans sa propre vie. C'est de cette façon qu'il a voulu venir dans ce monde. »
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4ème dimanche de l'Avent |
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| 18 décembre 2011 |
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Evangile selon saint Luc Lc 1, 26-38 |
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Alors que nous sommes tout près de la fête de Noël, les textes de ce dimanche semblent un peu nous en éloigner. La liturgie nous remet en mémoire deux annonciations. Celle qui fut faite à Marie, rapportée par St Luc, et une autre, bien plus lointaine, celle que fit au roi David le prophète Nathan, rapportée dans le second livre de Samuel. Nathan était cet envoyé de Dieu à David pour lui faire reproche de son double crime d’adultère et de meurtre, et pour l’appeler à la conversion. Il lui avait dit ces paroles dures : « C’est toi cet homme ». David s’était repenti et converti. Cette fois c’est un autre message que Nathan lui annonce de la part de Dieu : de sa descendance naîtra un successeur, mais pas n’importe lequel puisque Dieu déclare : « Je serai pour lui un père, il sera pour moi un fils. »
Cette nuit-là, la parole du Seigneur fut adressée à Nathan : « Va dire à mon serviteur David : ‘Ainsi parle le Seigneur : […] Quand ta vie sera achevée et que tu reposeras auprès de tes pères, je te donnerai un successeur dans ta descendance, qui sera né de toi, et je rendrai stable sa royauté. Je serai pour lui un père, il sera pour moi un fils. Ta maison et ta royauté subsisteront toujours devant moi, ton trône sera stable pour toujours’. »
David rêvait de bâtir à Dieu un magnifique temple, qui serait sa demeure au milieu de son peuple. Par la bouche de Nathan, Dieu lui révèle que son projet est d’établir sa demeure autrement, dans une descendance, une succession de générations, et que cette demeure ne sera pas une construction matérielle « faite de mains d’hommes », mais spirituelle et charnelle. Elle sera inaugurée par un lointain successeur qui naîtra de lui et avec qui cependant Dieu entretiendra une relation de père à fils, la plus intime, tendre et familière qui soit. Cette relation paternelle et filiale qualifiera la nouveauté de l’Alliance, à tel point qu’elle sera instaurée pour toujours, définitivement. Tout Israël attendra durant des siècles la venue de ce Fils de David, et voilà que nous est racontée en saint Luc l’annonciation faite à Marie de sa naissance. C’est l’Evangile de ce dimanche. Ainsi, Dieu a de la suite dans les idées, mais il voit bien plus loin que les humains. Il y a presque 1000 ans entre David et Marie, mais pour Dieu 1000 ans c’est comme un jour !
L’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, à une jeune fille, une vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie. L'ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. » À cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation. L'ange lui dit alors : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n'aura pas de fin. » Marie dit à l'ange : « Comment cela va-t-il se faire, puisque je suis vierge ? » L'ange lui répondit : « L'Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre; c'est pourquoi celui qui va naître sera saint, et il sera appelé Fils de Dieu. Et voici qu'Élisabeth, ta cousine, a conçu, elle aussi, un fils dans sa vieillesse et elle en est à son sixième mois, alors qu'on l'appelait "la femme stérile" : Car rien n'est impossible à Dieu. » Marie dit alors: « Voici la servante du Seigneur; que tout se passe pour moi selon ta parole. » Alors l’ange la quitta.
Que feraient nos ancêtres, ceux des siècles passés, ou même ceux du début de ce siècle, s'ils revenaient sur terre ? S'ils se trouvaient en présence de leurs descendants, des lieux où ils ont habité, de ce qu'est devenu le monde, de ce qu’est devenue l’Eglise ? Pouvaient-ils s'imaginer ce qui allait se passer, ce que le monde allait devenir, ce que seraient leurs descendants ? Nous réagissons souvent comme si le monde était statique, comme si l'histoire commençait et s'achevait avec nous, et nous oublions que le monde est en perpétuel devenir. L'univers lui-même, nous rappellent les scientifiques, est encore en plein mouvement et expansion. De même que l'existence d'êtres humains tels que nous était imprévisible et tellement improbable quand la terre commençait à se former, de même, nous ne pouvons pas imaginer ce qu'elle sera dans des milliards d'années. Ces récits d'annonciation dans la Bible sont des trésors pour notre réflexion humaine et chrétienne. Ils nous invitent à prendre de la distance dans notre regard sur l’histoire. David aurait-il reconnu en la personne de Jésus crucifié, le Fils que Dieu lui avait promis et qu’il allait considérer comme son propre Fils ? Pouvait-il prévoir comment ce Fils exercerait sa royauté, et qu’il donnerait naissance lui-même à un peuple de rois ? Marie pouvait-elle prévoir que d'elle naîtrait un fils qu’on appellerait « fils de David, fils du Très Haut », le sauveur de l'humanité, celui « dont le règne n'aurait pas de fin ». Elle ne pouvait prévoir ni imaginer ce que serait la destinée de son fils, de quelle façon inattendue et tragique il allait être sauveur et fils de Dieu. Et pourtant c’est bien ce que l’Ange lui annonce. Le comportement et la foi de David, roi juste et pacifique qui a su reconnaître ses torts et se repentir, le oui de Marie, la petite servante du Seigneur qui s'en remet à lui et à sa parole vont préparer à leur insu, l'avènement de quelque chose de neuf dans l'histoire humaine. Et cette nouveauté n'en finit pas de surprendre, de susciter d'autres nouveautés imprévisibles. Le temps des annonciations est-il clos ? Non, sans doute. Restons éveillés et ouverts, chacun et chacune à toutes les manières dont Dieu nous fait signe, quand il nous visite et nous annonce de bonnes nouvelles, des promesses dont nous ne verrons pas nécessairement la réalisation. Et pourtant, de notre foi en sa parole, de notre confiance en lui, de notre souci de vivre selon l'évangile, de notre oui à certains choix aux moments décisifs, dépend peut-être la réalisation de merveilles pour les générations à venir. A défaut d'avoir des annonciations nocturnes comme Joseph, de recevoir la visite des anges, contentons-nous de la parole des prophètes, car leurs voix continuent de s'élever. Bienheureux temps de l’Avent qui nous invite à prendre de la distance par rapport à l’histoire du monde. Souvenons-nous des promesses faites à nos Pères dans la Foi, comme le chantait Marie. Qu’est-ce que le Seigneur veut nous annoncer et nous promettre en ce Noël 2011 ? Des réponses que nous allons donner à sa Parole, en ce temps qui est le nôtre dépend peut-être ce que sera le monde dans les siècles qui viennent. Dieu n’a pas encore fini de réaliser ses promesses. Le christianisme a-t-il un avenir ? Peut-être n’en est-il encore qu’à ses balbutiements. Vivons ce temps comme un temps favorable pour nous ouvrir comme Marie à l’Esprit : que sa puissance nous prenne sous son ombre et nous fasse progresser sur le chemin de la sainteté. La deuxième lecture ce dimanche est la conclusion de l’épître aux Romains. Que le texte soit de la main de Paul ou non, il exprime merveilleusement la réponse de l’Eglise naissante à la foi sous forme d’action de grâce devant la réalisation de ce qui avait été annoncé à David, puis à Marie… Réalisation inouïe, imprévue et nouveauté encore car Paul atteste comment s’est réalisé le dévoilement du mystère de Dieu. L’œuvre de salut accomplie par le Christ ne concerne pas seulement Israël mais toutes les nations humaines. C’est le « Gloire à Dieu » de Paul qui fait écho à celui des anges de la Nativité, celui que nous allons entendre et reprendre dans quelques jours.
Gloire à Dieu, qui a le pouvoir de vous rendre forts conformément à l'Évangile que je proclame en annonçant Jésus Christ. Oui, voilà le mystère qui est maintenant révélé : il était resté dans le silence depuis toujours, mais aujourd'hui il est manifesté. Par ordre du Dieu éternel, et grâce aux écrits des prophètes, ce mystère est porté à la connaissance de toutes les nations pour les amener à l'obéissance de la foi. Gloire à Dieu, le seul sage, par Jésus Christ et pour les siècles des siècles. Amen.
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